



Vers 1930, André Evard a créé une série de collages de petit format, composés de rectangles, de triangles et d’éléments en forme de L soigneusement agencés. Dans ces compositions constructives, l’artiste a expérimenté l’effet des formes géométriques et des contrastes chromatiques dans un format restreint. Les collages lui ont servi de terrain d’expérimentation pour des questions d’équilibre, de rythme et d’effet spatial – des thèmes qui ont marqué de manière déterminante son œuvre ultérieure.
Ces travaux constituent la base conceptuelle de la série réalisée en 1932, « Composition abstraite », dans laquelle Evard a poursuivi en peinture à l’huile les principes formels développés dans les collages. Par la réduction à des formes géométriques simples et à des aplats de couleur nettement délimités, les collages mettent en évidence l’orientation d’Evard vers un langage visuel constructif, inspiré du suprématisme, qui marque le passage de la représentation figurative à la composition purement abstraite.