Cette aquarelle présente un bouquet de fleurs aux couleurs intenses et à la composition libre, composé de tons jaunes, rouges et verts posés de manière dynamique. Les fleurs et les feuilles individuelles ne sont que suggérées et se dissolvent dans un entrelacs de lignes rapides et gestuelles, conférant au bouquet un effet vivant, presque vibrant. Le vase est élancé, traité de façon quasi transparente, et agit davantage comme un support graphique que comme un objet matériel. L’arrière-plan reste neutre, permettant au motif floral de ressortir avec d’autant plus de force.
L’œuvre s’inscrit dans la phase tardive de la création d’Evard, qui se caractérise par une plus grande liberté dans le traitement des formes et des couleurs. L’artiste revient ici à un ductus plus expressif et spontané. Le travail allie clarté structurelle et dissolution picturale, ce qui est typique de la période tardive d’Evard, durant laquelle il assouplit les compositions strictes au profit d’une application de la couleur plus ludique et émotionnelle. L’utilisation de l’aquarelle renforce cette impression de légèreté et de transparence, car les couleurs se fondent les unes dans les autres et transmettent une certaine immédiateté. Dans l’ensemble, l’œuvre montre comment Evard parvient, à un âge avancé, à une synthèse entre ses tendances constructives antérieures et un langage formel plus libre, presque lyrique.