L’œuvre présente une composition dense, presque ornementale, de structures végétales qui remplissent tout l’espace pictural. La palette chromatique est dominée par des bruns chauds et terreux, évoquant le feuillage d’automne fané, la terre humide et l’herbe jaunie. Cette structure de fond apparaît comme un enchevêtrement de feuilles, de tiges et de graminées, décliné en de multiples nuances d’ocre, de terre de Sienne et de brun foncé. Sur ce fond organique et compact se détachent plusieurs formes florales étroites et allongées. Elles sont posées dans des tons plus clairs, presque blanc crème, et agissent ainsi comme de subtils accents lumineux au sein d’un ensemble autrement sombre. Leurs silhouettes élancées, orientées vers le haut, instaurent une tension verticale dans l’image. À côté, apparaissent de petits éléments verdâtres, qui génèrent un mouvement et une profondeur supplémentaires. Quelques touches isolées d’un bleu soutenu ou de noir introduisent des contrastes minimes mais efficaces, guidant le regard du spectateur à travers la composition.
Le traitement pictural est typique de la première période d’Evard : le coup de pinceau est précis tout en restant organique, les formes s’imbriquent en une trame rythmique qui annonce déjà son orientation ultérieure vers l’abstraction. L’œuvre associe l’observation de la nature à une stylisation croissante, de sorte que le motif, malgré sa figuration, déploie un effet presque abstrait, proche de la mosaïque.