Dans la peinture à l’huile « Orange » de 1917, André Evard déploie une synthèse surréaliste entre paysage et nature morte. Les formes anguleuses, déclinées dans des tons froids de bleu et de vert, évoquent des sommets montagneux déchiquetés, tout en se détachant de toute représentation naturaliste pour former un support à un objet. Au-dessus de cette structure anguleuse flotte en effet un soleil monumental d’un orange incandescent – ou s’agit-il d’une orange ?
L’œuvre a été créée à une époque de bouleversement, lorsque les artistes commençaient à délaisser le monde extérieur au profit d’une réalité poétique et onirique. Evard anticipe ici des idées qui marqueront plus tard le surréalisme (1920-1940) : la fusion du rêve et de la réalité. Sa composition oscille entre abstraction et vision – un témoignage précoce de ce mouvement artistique qui cherchait à transcender le visible pour révéler l’invisible.