Evard réalise cette miniature à l’encre sur papier. D’une main légère, il esquisse un paysage en quelques traits noirs. Au premier plan, un arbre se dresse sur une prairie ; derrière, s’étend un lac, surmonté d’un ciel teinté de rouge. Il est frappant de constater qu’Evard orne ce ciel de deux bandes de nuages bleus obliques, dont la représentation est peu naturaliste et rappelle plutôt sa démarche constructive. Les couleurs chaudes dominent dans cette composition ; l’encre, appliquée en couche fine, laisse par endroits transparaître le blanc, ce qui confère à l’image une grande légèreté et une impression d’aération. Evard fait ici se rencontrer harmonieusement les différents éléments – la terre, l’eau et l’air –, l’arbre apparaissant comme l’élément unificateur.