Un peintre suisse de l'ère moderne

Vase, pommes, soleil, 1968, huile sur panneau de fibres, 50 x 57 cm (avec cadre), 25,5 x 33,5 cm (sans cadre)

Vase, pommes, soleil, 1968

Dans cette nature morte tardive, on retrouve la combinaison caractéristique d’André Evard entre un langage formel constructif et une palette de couleurs réduite. La composition est clairement structurée : un vase noir et des pommes d’un rouge éclatant sont disposés selon un étagement frontal qui, malgré une technique picturale en aplats, crée un effet de profondeur subtil. L’arrière-plan est structuré par des éléments géométriques et constructifs — lignes, surfaces colorées et un symbole solaire abstrait — qui transposent la nature morte traditionnelle dans un ordre moderne, presque architectural.

Evard réduit les formes et les couleurs à l’essentiel : les contrastes puissants de noir, de rouge, de vert et de jaune confèrent au tableau une tension rythmique claire. La perspective n’est pas pensée de manière naturaliste, mais de manière compositionnelle — elle résulte de l’étagement et de la superposition des objets. L’œuvre illustre la manière de peindre constructive d’Evard, qui existe depuis les années 1920 et qui s’est poursuivie après 1950 en parallèle à ses travaux figuratifs. Les motifs figuratifs sont ici de plus en plus traduits en structures géométriques, sans pour autant perdre leur signification symbolique.